Du col, la vue plonge sur la vallée des Ait Bougmez,flaque verte enchâssée au creux de la montagne aride.
C’est l’aspect physique de ces vallées berbères dont ce Haut Atlas est incrusté. Elles surgissent telles des oasis sous les yeux du voyageur qui a parcouru des plateaux désertiques, côtoyé des canyons,traversé des forêts mortes, escaladé les crêtes de dinosaures rocheux,domaine pelé de rapaces et des chacals, et, à la belle saison, des moutons, des chèvres, des chameaux et des bergers. En dévalant la pente caillouteuse, on distingue mieux la marqueterie méticuleuse des cultures, champs miniatures sertis de leurs canaux d’irrigation, et des feuillages des noyers ombrageant les talus.

Karin Huet et Titouan Lamazou, sous les toits de terre du Haut Atlas.